La nouvelle application « Facebook at Work », testée depuis maintenant plus d’un an dans une centaine d’entreprises dans le monde serait le nouvel outil de travail pour les entreprises. Mieux, il s’agirait d’un réseau social privé pour créer une communauté propre aux salariés de l’entreprise. « Facebook at Work » est une page accessible directement par le profil privé des salariés et se présente comme un groupe en marge du fil d’actualité. On y trouve un work chat, à la mode Messenger, permettant un contact audio/vidéo, un partage d’écran et de documents, ainsi que la création de groupe de travail et un partage de documents. Facebook at Work peut il être source de valeur ajoutée ? Peut-on se fier à cette nouvelle application ?

Pourquoi ca devrait marcher : le pari de Facebook

Si l’application est nouvelle, le projet ne l’est pas pour autant. De nombreux réseaux sociaux privés sont déjà accessibles pour les entreprises à l’instar de Yammer ou Yoolink. Alors pourquoi choisir  « Facebook at Work » plutôt qu’un autre ? La grande popularité de Facebook en fait son atout majeur. La majorité des salariés disposent déjà d’un compte Facebook et sont familiarisés avec le réseau. Pas besoin de formation pour prendre en mains la page. Il n’est pas nécéssaire de disposer d’un compte d’entreprise pour utiliser « Facebook at Work », rendant l’outil d’autant plus accessible. Facebook compte donc résolument sur sa popularité pour conquérir ses milliards d’utilisateurs une fois le projet lancé. Et puis pour une TPE ou des indépendants travaillant en réseau, c’est utile et pas cher.

Pourquoi ca ne marchera pas : ce qu’on en pense

Facebook decontratesPlus de 61% des salariés utilisent Facebook depuis leur lieu de travail. Ce qui inquiète les responsables d’entreprises qui voient leurs collaborateurs déconcentrés. En réponse, plus de 30% des entreprises bloquent l’accès aux réseaux sociaux à leurs collaborateurs. Favoriser l’utilisation de Fabebook dans le cadre professionnel pourrait donc s’avérer être contre-productif.

S’ajoute le problème de la confidentialité soulevé en 2013 par Edward Snowden qui remarquait des fuites de données personnelles, à l’époque, de chez Facebook, les informations privées des utilisateurs étant directement transmises aux autorités Américaines. Et même si l’arrêt du Safe Harbour peut émettre une lueur d’espoir pour la confidentialité des données, rien ne permet d’en être assuré pour l’éternité !

Peut-on en effet laisser la main à Facebook sur les données d’une entreprise alors que nos données personnelles risqueraient d’être partagées au détour d’une législation et celles de l’entreprise par un acte d’espionnage économique ?

La confusion des genres entre la sphère privée et l’univers pro, certes de plus en plus ténue mais aussi de plus en plus critiquée, aura par le biais de « FB@Wk » une nouvelle occasion pour rabrouer les entreprises s’aventurant dans cette application.

Une fois que l’on a dit ça, parlons argent. L’application sera disponible en freemium et disposera de fonctionnalités payantes qui seront ajoutées graduellement, rendant l’outil plus performant, comme LinkedIn. Et sans pub ?.

Bref, on n’est pas chaud. A l’heure où l’on cherche à déconnecter la sphère privée de la sphère pro et la sécurisation des données et de leur partage, la création de leur propre réseau par les entreprises est une solution plus sécurisante (type Atos ou Tibbr) est un investissement pertinent.