QwantCommençons par un petit jeu, sous forme de devinette : je n’ai pas encore trois ans mais déjà tout d’un grand ; je me situe sur un marché hyper concurrentiel écrasé par un géant, mais je me développe malgré tout ; je suis l’une des start-up les plus prometteuses du web français, et européen. Je suis, je suis… Qwant, le moteur de recherche franco-allemand qui veut ré-inventer le web, loin de Google.

Il nous avait déjà tapé dans l’œil il y a deux ans, et il progresse à son rythme vers la popularité. Créé par Jean-Manuel Rozan et Eric Leandri, Qwant est rapidement devenu une affaire franco-allemande et, de fait, européenne quand le groupe Axel Springer est entré dans son capital à hauteur de 20%. Récemment, la Banque Européenne d’Investissement a injecté 25 millions d’euros dans l’entreprise. Un vrai moteur de recherche local donc, qui veut se créer son propre chemin.

 

Pour faire simple, chez Qwant, vos données personnelles restent à leur place. Là où Google fait reposer son modèle sur la collecte puis l’utilisation (notamment commerciale) d’un maximum de données sur l’identité, la position et les habitudes de l’internaute, Qwant ne s’intéresse à aucune de ces informations. Une énorme différence qui le rend beaucoup plus respectueux des libertés individuelles, et qui le met en phase avec la législation européenne. Une qualité qui incite le gouvernement à promouvoir son utilisation : il a récemment été encouragé par Emmanuel Macron et proposé aux agents de la fonction publique par Axelle Lemaire.

Mais attention à ne pas voir cette valorisation comme une tentative vide de sens d’imposer un moteur de recherche sous prétexte qu’il est européen. Les qualités de Qwant sont manifestes. Moins puissant qu’un Google pour creuser dans les profondeurs du web, sa force réside dans son interface et son ergonomie. Le but : proposer sur la même page de résultat une vision globale du sujet recherché : un ranking de sites web classés selon leur pertinence, une collecte d’articles d’actualités, et un module « réseaux sociaux ». On y trouve aussi parfois un onglet « shopping » grâce auquel la plateforme se rémunère via une commission sur les ventes (aux vues de l’audience croissante, à raison de 5% par semaine, la monétisation est prévue pour 2016). En résumé: c’est esthétique et efficace.

qwant-interface

N’oublions pas non plus de citer les efforts d’accessibilité que fait Qwant : une version « Lite » a été créée pour faciliter son utilisation sur les anciens systèmes d’exploitation, et une version « Junior » existe, pour que nos chères têtes blondes puissent surfer dans un environnement minimaliste et sécurisé. Enfin, Eric Leandri, son fondateur, envisage à l’avenir de le rendre « open source » : rendant possible la consultation et la modification du code de l’application. Un vrai signe d’ouverture qui correspond à une tendance forte du web moderne.

Sans même parler des capitaux qui lui ont permis de grandir, Qwant s’impose en fier représentant de l’Europe du web. Respectueux de ses lois, sculpté par des synergies inter-étatiques, porté par des ambitions internationales, la plateforme est indéniablement définie par son identité européenne. Une réalité factuelle, qui s’associe avec celle, plus affective, mêlant once de fierté et motifs d’espoirs, de voir réussir un modèle local et original sur un marché ultra concurrentiel. Ne nous berçons pas d’illusions : Google écrase le marché, et cette position de quasi monopole est appelée à durer. Mais la simple existence d’un moteur de recherche respectueux de la confidentialité des données, original et ergonomique montre qu’une autre voie est possible. Libre à chacun de l’emprunter ou non.