La Digital New Deal Foundation lance le pacte numérique et s’inquiète du peu d’intérêt de la part des candidats à l’élection présidentielle de 2017 sur la question numérique. Pourquoi les candidats passent sous le radar le défi de la numérisation de notre économie pour les cinq prochaines années ?

Souvent relégué au rang de « secteur », le numérique est bien plus puisqu’il accompagne à présent la majorité des entreprises françaises quelles que soient leurs activités. Pour preuve, 99% d’entre elles sont connectées à internet en haut débit et 64% disposent d’un site web. Mais les pratiques numériques des entreprises françaises restent en deça des moyennes de l’OCDE, en particulier en ce qui concerne les PME. Si l’on en croit l’édition 2016 de l’Indice relatif à la société et l’économie numérique (DESI), notre pays occupe la 16e place sur les 28 Etats de l’UE, en recul de deux positions par rapport à 2015. La classe européenne est dominée par le Danemark, les Pays-Bas, la Suède et la Finlande, alors que la France est rangée dans la catégorie des pays « en retard ».

Alors où est le bug ?  Réticence des entreprises face au cloud ? Mauvais accès aux formations ? Le pacte numérique met le doigt là où il faut et pose enfin les bonnes questions.

La France à la traîne, qui l’eut cru ?

Malgré quelques percées remarquées lors du CES, opération com’ réussie chaque année, notre pays accumule du retard dans le champ du numérique. L’internet très haut débit tarde à se généraliser et culturellement le chemin est encore long. Les entreprises, encore frileuses, favorisent les bonnes vieilles solutions logicielles au détriment du cloud pourtant moins coûteux, technologiquement sûr et plus pratique. Autre chiffre marquant, seulement 30% des TPE-PME utilisent les réseaux sociaux. La révolution digitale a du bon temps devant elle. Olivier Sichel, ancien patron de Wanadoo et aujourd’hui président de la Digital New Deal Foundation, pense que l’Etat a un rôle primordial à jouer dans cette transition : « Les PME vont devoir, dans les 5 ans qui viennent, prendre ce tournant numérique et il faudra les accompagner ». Les soutiens peuvent être d’ordre financier mais pas seulement. C’est une question d’état d’esprit. Le MEDEF encourage de son côté les TPE/PME à investir dans la formation professionnelle pour relever les enjeux de la transition numérique et conquérir de nouveaux marchés. Pour cela, il délivre des bonnes pratiques, des conseils pour inciter les dirigeants à lancer leur transition numérique.

Pour un éco-système numérique maîtrisé

Pour alimenter le débat et nourrir une réflexion collective et constructive, la fondation inscrit 22 propositions (intentions) claires qui balayent notre écosystème en droit du travail, fiscalité, territorialité, accompagnement des PME dans leur transition numérique. Mais surtout, la fondation recommande de garantir un droit fondamental à la protection des données personnelles, dans la lignée du nouveau règlement européen qui sera effectif le 24 mai 2018.  Concrètement, en créant une institution transversale chargée de la question des droits et libertés numériques. Olivier Sichel espère « que le numérique [pourra] profiter à chacun des Français ». L’initiative est soutenue par les grands de l’économie française parmi lesquels : Guillaume Pannaud (TBWA/France), Nicolas Dufourcq (BPI) ou encore Delphine Ernotte (France Télévisions). Tous ont déclaré vouloir « éclairer le futur numérique de nos sociétés ». Est-ce que cela suffira à rattraper le retard accumulé par la France dans le numérique ? Cela prendra du temps, mais mettre le sujet au cœur du débat, c’est déjà un grand pas !